Mariage en Allemagne : qu'est-ce qui change financièrement et juridiquement ?
Comprenez les effets du mariage en Allemagne : régime matrimonial, imposition commune, nom, dettes, pension de réversion, succession et questions transfrontalières.
Le mariage peut avoir des conséquences bien plus larges qu’un changement de nom.
Pour un couple international vivant en Allemagne, il peut notamment influer sur :
- le cadre juridique applicable au patrimoine ;
- la manière dont les enrichissements constitués pendant le mariage sont traités si celui-ci prend fin ;
- l’imposition sur le revenu ;
- les droits à pension de réversion ;
- les droits successoraux légaux ;
- les abattements en matière de droits de succession et de donation ;
- l’organisation des comptes, assurances et bénéficiaires.
Mais plusieurs idées reçues sont fausses.
Se marier en Allemagne ne signifie pas automatiquement :
- que tout ce que vous possédez devient commun ;
- que toutes les dettes deviennent communes ;
- que vous devez porter le même nom ;
- que l’imposition commune génère toujours la même économie ;
- que le droit matrimonial allemand s’applique nécessairement à tous les couples internationaux ;
- que votre conjoint hérite automatiquement de l’intégralité de votre succession.
La première étape utile consiste à comprendre quelle règle s’applique à quelle partie de votre vie financière.
1. Le mariage ne fusionne pas automatiquement vos patrimoines
Si le droit matrimonial allemand s’applique et que le couple n’a pas choisi un autre régime, le régime légal par défaut est normalement la Zugewinngemeinschaft.
Le terme prête facilement à confusion.
Il ne signifie pas que tous les actifs sont placés dans un patrimoine commun.
Selon le § 1363 BGB :
- chaque époux conserve la propriété de ses biens ;
- les biens acquis après le mariage restent également la propriété de l’époux qui les acquiert ;
- l’augmentation de patrimoine pendant le mariage peut devenir pertinente lorsque le régime matrimonial prend fin.
Un compte bancaire, un portefeuille d’investissement ou un bien immobilier ne devient donc pas automatiquement détenu à 50/50 simplement parce que son propriétaire se marie.
Que compense réellement la Zugewinngemeinschaft ?
Le concept central est le Zugewinn — en simplifiant, l’augmentation du patrimoine net de chaque époux sur la période concernée.
Lorsque le régime légal prend fin, notamment en cas de divorce, le droit allemand peut comparer l’enrichissement des deux époux.
Selon le § 1378 BGB, si le gain de l’un dépasse celui de l’autre, l’époux ayant le gain le plus faible peut disposer d’une créance de compensation correspondant en principe à la moitié de la différence, sous réserve des règles légales détaillées.
C’est différent de dire :
« Tout est partagé à 50/50. »
Le calcul réel peut notamment tenir compte :
- du patrimoine initial ;
- du patrimoine final ;
- des dettes ;
- de certains dons ou héritages ;
- des dates de valorisation ;
- d’ajustements particuliers prévus par la loi.
Ces calculs relèvent du droit et doivent être confiés, lorsque c’est nécessaire, à un avocat ou un notaire qualifié.
2. Pour un couple international, le droit allemand n’est pas forcément celui qui s’applique au régime matrimonial
Un couple international ne doit pas supposer que le simple fait de vivre en Allemagne entraîne automatiquement l’application du régime matrimonial légal allemand à l’ensemble de ses biens.
Les règles européennes relatives aux régimes matrimoniaux s’appliquent dans les États participants, dont l’Allemagne et la France.
Pour les mariages relevant de ces règles, les époux peuvent dans certaines circonstances effectuer un choix formel de la loi applicable.
À défaut de choix valable, la loi applicable peut être déterminée à partir de critères de rattachement tels que :
- la première résidence habituelle commune des époux après le mariage ;
- à défaut, leur nationalité commune au moment du mariage ;
- à défaut, le pays avec lequel ils avaient ensemble les liens les plus étroits.
La loi ainsi déterminée peut alors régir le régime matrimonial pour des actifs situés dans plusieurs pays.
Cette question est particulièrement importante pour les couples qui :
- se sont mariés en France avant de s’installer en Allemagne ;
- ont des nationalités différentes ;
- possèdent des biens dans plusieurs pays ;
- prévoient de déménager à nouveau ;
- disposent déjà d’un contrat de mariage ou d’un autre arrangement juridique.
Ne déduisez pas le régime applicable du simple pays dans lequel se trouve un compte bancaire.
3. Peut-on choisir un autre régime matrimonial ?
Lorsque le droit allemand s’applique, les époux peuvent aménager leur régime par un Ehevertrag — contrat de mariage.
Selon le § 1408 BGB, ils peuvent organiser contractuellement leur régime matrimonial, y compris en changer.
Selon le § 1410 BGB, un contrat de mariage allemand doit être conclu devant notaire, en présence des deux parties.
Selon les conseils juridiques reçus, les solutions peuvent notamment inclure :
- un aménagement de la Zugewinngemeinschaft légale ;
- la Gütertrennung — séparation de biens ;
- d’autres dispositions contractuelles spécifiques.
Un contrat de mariage n’est pas automatiquement nécessaire pour tous les couples.
Il mérite toutefois une attention particulière en présence :
- d’un patrimoine important avant mariage ;
- d’un fort écart de patrimoine ;
- d’une entreprise ou de parts sociales ;
- d’enfants issus d’une précédente relation ;
- de biens immobiliers dans plusieurs pays ;
- d’héritages importants attendus ;
- d’une forte mobilité internationale ;
- d’une volonté de clarifier les conséquences d’une séparation ou d’un décès.
Le choix de la bonne structure est une question juridique, pas une recommandation de produit financier.
4. Et un PACS français ?
Un PACS français n’a pas automatiquement les mêmes effets qu’un mariage allemand, mais affirmer qu’il n’a aucun effet juridique en Allemagne serait trop général.
Un PACS ne devient pas automatiquement un mariage allemand, et il ne faut pas supposer que toutes les règles allemandes accordant des droits aux époux s’appliquent exactement de la même manière aux partenaires pacsés.
Mais le droit international et européen peut produire des effets pour les partenariats enregistrés selon :
- le droit examiné ;
- le pays concerné ;
- les règles de conflit de lois applicables ;
- la forme et l’enregistrement du partenariat.
La bonne question n’est donc pas simplement :
« L’Allemagne reconnaît-elle le PACS : oui ou non ? »
Mais :
« Pour ce sujet précis — patrimoine, fiscalité, séjour, succession, retraite ou autre droit — quel effet notre PACS français produit-il en Allemagne ? »
Lorsque cela compte, la réponse doit être vérifiée auprès d’un avocat ou d’un notaire connaissant le droit international privé franco-allemand.
5. Noms de famille : les règles allemandes ont changé en 2025
Depuis le 1er mai 2025, le droit allemand des noms offre davantage de possibilités aux couples mariés.
Lorsque le droit allemand du nom s’applique, les époux peuvent :
- conserver le nom qu’ils portaient au moment du mariage ;
- choisir comme nom marital commun le nom de naissance / de famille de l’un des deux ;
- choisir un véritable double nom marital composé des deux noms.
Selon les règles actuelles, le double nom peut généralement être écrit avec ou sans trait d’union.
La réforme a également élargi les possibilités de double nom pour les enfants.
Le système n’est donc plus limité à un modèle où un seul conjoint ajoute le nom de l’autre tandis que le second conserve un nom simple.
Pour les couples internationaux, la loi applicable au nom et les conséquences sur les documents étrangers peuvent encore devoir être vérifiées séparément.
6. Le mariage ne rend pas automatiquement toutes les dettes communes
Mariage et responsabilité solidaire ne sont pas la même chose.
Sous le régime légal allemand, les époux conservent des patrimoines séparés.
Une dette contractée par un seul époux ne devient pas simplement celle de l’autre parce qu’ils sont mariés.
Il existe toutefois des exceptions importantes.
Contrats signés à deux
Si les deux époux signent :
- un crédit immobilier ;
- un prêt ;
- un bail ;
- une garantie commune ;
- une autre obligation contractuelle,
ils peuvent tous deux devenir responsables selon les termes du contrat.
Actes liés aux besoins normaux de la famille
Selon le § 1357 BGB, l’un des époux peut, dans certaines circonstances, conclure des actes destinés aux besoins appropriés de la famille qui créent des droits et obligations pour les deux.
Cette règle ne signifie pas qu’un époux peut engager l’autre dans n’importe quelle décision financière importante.
Son champ d’application dépend de la nature et des circonstances de l’opération.
Ce qu’il faut retenir
Évitez les deux extrêmes :
- « Le mariage rend toutes les dettes communes. »
- « Mon conjoint ne peut jamais être concerné par une dette à mon nom. »
Vérifiez qui a signé, à quoi l’obligation se rapporte et quelle règle juridique s’applique.
7. Le mariage n’ouvre pas automatiquement de comptes bancaires ou d’investissement communs
Un couple peut organiser ses finances de plusieurs façons.
Par exemple :
- comptes courants séparés ;
- compte commun pour le foyer ;
- comptes d’épargne / investissement séparés ;
- certains comptes détenus en commun ;
- une combinaison de plusieurs solutions.
La propriété juridique d’un compte ou d’un actif dépend de sa structure réelle, pas simplement du statut marital.
Une organisation pratique peut distinguer :
L’argent du quotidien commun
Loyer ou crédit immobilier, factures, alimentation, garde d’enfants et projets communs.
L’argent individuel
Dépenses personnelles, investissements individuels ou actifs déjà détenus.
Les objectifs communs de long terme
Immobilier, réserves familiales, voyages, études ou autres projets décidés ensemble.
Aucune règle n’impose à tous les couples mariés de fusionner l’ensemble de leurs finances dans un seul compte.
8. Quel est l’effet du mariage sur l’impôt allemand sur le revenu ?
Le mariage peut modifier la manière dont les époux sont imposés en Allemagne lorsque les conditions légales sont remplies.
Selon le § 26 EStG, les époux éligibles peuvent choisir entre :
- Einzelveranlagung — imposition séparée ;
- Zusammenveranlagung — imposition commune.
En cas d’imposition commune, le § 26b EStG regroupe les revenus des époux et les traite ensemble pour l’établissement de l’impôt, selon les règles applicables.
Qu’est-ce que l’Ehegattensplitting / Splittingtarif ?
Pour les époux imposés ensemble, le § 32a EStG applique la méthode du splitting.
Schématiquement :
- le revenu imposable commun du couple est divisé par deux ;
- le barème est appliqué à cette moitié ;
- l’impôt obtenu est multiplié par deux.
Comme le barème allemand est progressif, cette méthode peut produire un avantage fiscal lorsque les revenus imposables des deux époux sont très différents.
Mais elle ne garantit pas une économie importante à chaque couple marié.
Si les revenus imposables sont proches, l’effet peut être beaucoup plus faible.
Le résultat réel dépend de l’ensemble de la situation fiscale.
Si vous vous mariez en décembre, l’imposition commune peut-elle s’appliquer à toute l’année ?
Potentiellement, oui.
Le § 26 EStG permet que les conditions nécessaires à l’imposition des époux aient été remplies au début de l’année fiscale ou qu’elles apparaissent au cours de cette année.
Un couple qui se marie tard dans l’année civile peut donc potentiellement choisir l’imposition commune pour cette année si les autres conditions légales sont remplies.
C’est différent de dire :
« Mariez-vous avant le 31 décembre et vous recevrez automatiquement un gros remboursement d’impôt. »
L’imposition commune peut modifier le résultat annuel, mais l’ampleur et même le sens de la différence dépendent du cas individuel.
Un Steuerberater doit confirmer le résultat lorsque la décision ou la dimension transfrontalière le rend important.
La classe fiscale n’est pas l’impôt annuel définitif
Les retenues sur salaire pendant l’année et l’impôt annuel définitif sont deux notions différentes.
Une classe fiscale peut modifier le moment auquel l’impôt sur le revenu est prélevé sur les salaires.
Elle ne détermine pas, à elle seule, le montant final d’impôt après la déclaration annuelle.
Les couples internationaux doivent particulièrement éviter de prendre une variation visible sur le net mensuel pour une « économie fiscale liée au mariage » définitive.
9. Pension de réversion : le mariage peut ouvrir des droits, mais pas automatiquement
Le mariage peut donner accès à certaines pensions légales de réversion en Allemagne.
Selon le § 46 SGB VI, le conjoint survivant peut potentiellement avoir droit à une Witwenrente / Witwerrente si les conditions légales sont remplies.
Les règles distinguent notamment les petites et grandes pensions de réversion et peuvent dépendre :
- des droits à retraite du conjoint décédé ;
- d’un éventuel remariage du conjoint survivant ;
- de l’âge ;
- d’une incapacité ;
- de l’éducation d’un enfant éligible ;
- des revenus propres du conjoint survivant.
La règle d’un an de mariage
Pour les mariages conclus depuis 2002, il existe en principe une règle importante de durée minimale d’un an.
Si le mariage a duré moins d’un an, la loi présume généralement qu’il s’agit d’une Versorgungsehe — un mariage conclu principalement pour créer des droits à pension de réversion — sauf si les circonstances permettent de renverser cette présomption.
Cela peut être le cas, par exemple, d’un décès accidentel imprévisible.
Le mariage peut donc ouvrir des droits à pension de réversion, mais il ne garantit pas une prestation fixe simplement parce que le couple est marié.
10. Le mariage modifie les droits successoraux légaux — mais le conjoint n’hérite pas automatiquement de tout
En droit successoral allemand, la part du conjoint survivant dépend notamment :
- des autres proches du défunt encore en vie ;
- du régime matrimonial ;
- de l’existence d’un testament ou d’un contrat successoral valable ;
- de la loi nationale applicable à la succession.
Selon le § 1931 BGB, par exemple, le conjoint hérite de un quart en présence de descendants dans le cadre de la règle successorale légale de base.
Lorsque la Zugewinngemeinschaft légale allemande s’applique, le § 1371 BGB peut augmenter la part successorale légale du conjoint d’un quart supplémentaire.
Dans de nombreux cas, conjoint survivant et enfants se partagent donc la succession d’une manière différente du raccourci « le conjoint reçoit tout ».
Le résultat exact doit être calculé à partir de la structure familiale réelle.
Le Pflichtteil des enfants n’est pas une copropriété automatique de la succession
Le droit allemand ne signifie pas que les enfants deviennent automatiquement copropriétaires d’une partie de chaque bien de la succession.
Selon le § 2303 BGB, un descendant écarté de la succession par testament dispose généralement d’une créance de Pflichtteil.
Le Pflichtteil correspond normalement à la moitié de la valeur de la part successorale légale.
Ce n’est pas la même chose que devenir automatiquement cohéritier de biens précis.
Les parents et le conjoint peuvent également avoir des droits à Pflichtteil dans certaines situations définies.
La planification successorale demande donc plus de précision que « les enfants héritent toujours de X % ».
11. Une succession internationale peut ne pas relever du droit allemand
Ce point est essentiel pour les couples expatriés.
Dans le cadre du règlement européen sur les successions, une succession internationale relève généralement de la loi du pays de la dernière résidence habituelle du défunt, sauf application d’une autre règle valable.
Une personne peut également, en principe, choisir expressément dans son testament ou un document équivalent la loi de sa nationalité pour régir sa succession.
Un Français vivant en Allemagne et possédant des biens en France et en Allemagne ne doit donc pas supposer :
- que le droit français régira automatiquement les actifs français ;
- que le droit allemand régira automatiquement les actifs allemands ;
- que la succession sera nécessairement découpée pays par pays.
La loi applicable à la succession et les règles d’imposition successorale sont par ailleurs deux questions différentes.
Une succession transfrontalière mérite un conseil juridique et fiscal spécialisé.
12. Quel est l’abattement allemand sur les successions et donations entre époux ?
Selon le § 16 ErbStG, lorsque les règles allemandes correspondantes de responsabilité fiscale illimitée s’appliquent, un époux dispose actuellement d’un abattement personnel de :
500 000 €.
Il peut être pertinent aussi bien pour les successions que pour les donations entre époux, selon les règles applicables.
Il ne faut pas en déduire que :
« Toute transmission entre époux internationaux est exonérée jusqu’à 500 000 €. »
La résidence fiscale transfrontalière, le lieu des actifs, les donations antérieures et d’autres règles peuvent modifier le résultat.
Des exonérations supplémentaires propres aux successions peuvent également s’appliquer dans certaines situations.
Toute planification individuelle doit être confirmée par un Steuerberater ou un autre professionnel fiscal qualifié.
13. Le mariage doit déclencher une revue des assurances et bénéficiaires
Le mariage modifie parfois les dépendances financières entre les personnes.
C’est une bonne raison de revoir les protections existantes.
Vérifiez :
- l’assurance temporaire décès ;
- la protection du revenu ;
- les conséquences familiales de l’assurance maladie ;
- les garanties accident / décès lorsque c’est pertinent ;
- les garanties survivants des retraites d’entreprise ;
- les clauses bénéficiaires des retraites privées ;
- les désignations de bénéficiaires sur les placements / assurances.
Ne supposez pas que le mariage met automatiquement à jour tous les contrats privés.
Une clause bénéficiaire contractuelle peut nécessiter une modification séparée.
Santé, protection du revenu et assurance-vie en Allemagne
14. Indépendance financière et planification commune peuvent coexister
Le mariage n’oblige aucun des deux conjoints à renoncer à construire sa propre sécurité financière.
Planification commune et résilience financière individuelle peuvent coexister.
Un couple solide peut comprendre à la fois :
La situation commune
- revenus du foyer ;
- dépenses récurrentes ;
- réserves ;
- immobilier ;
- protection familiale ;
- enfants ;
- objectifs de long terme partagés.
La situation de chacun
- droits à la retraite ;
- patrimoine personnel ;
- risque professionnel ;
- assurances ;
- dettes individuelles ;
- actifs détenus avant le mariage ;
- intérêts professionnels / entrepreneuriaux.
L’objectif n’est pas une séparation financière maximale.
Il est que chacun sache ce qu’il possède, ce qu’il doit et ce qui se passerait lors des grands événements de la vie.
Une liste de vérifications financières avant ou après un mariage
Cadre juridique
- Quelle loi nationale régit notre régime matrimonial ?
- Sommes-nous sous le régime légal ou avons-nous déjà un accord ?
- Un Ehevertrag / une revue juridique transfrontalière serait-il utile ?
Patrimoine
- Que possède chacun avant le mariage ?
- Quels actifs restent individuels ?
- Quels actifs seront détenus en commun ?
- Avons-nous des preuves fiables de nos principaux actifs antérieurs au mariage ?
Dettes
- Quelles dettes sont individuelles ?
- Quels contrats portent les deux signatures ?
- Existe-t-il des garanties ou des engagements professionnels ?
Banque
- Voulons-nous des comptes séparés, un compte commun pour le foyer ou les deux ?
- Qui peut accéder à l’épargne d’urgence ?
- Comment les dépenses communes sont-elles financées ?
Fiscalité
- Pouvons-nous choisir une imposition allemande séparée ou commune ?
- Des règles fiscales transfrontalières sont-elles pertinentes ?
- L’un de nous dispose-t-il de revenus ou d’actifs étrangers ?
Protection
- L’un dépend-il du revenu de l’autre ?
- Les clauses bénéficiaires sont-elles à jour ?
- Les prestations de réversion sont-elles comprises ?
Retraite
- Quels droits à retraite chacun possède-t-il ?
- Existe-t-il des historiques de retraite en Allemagne et à l’étranger ?
- Une interruption de carrière pour l’un de nous modifierait-elle fortement le résultat à la retraite ?
Succession
- Avons-nous un testament ?
- Quelle loi régirait actuellement la succession ?
- Y a-t-il des enfants d’une relation précédente ?
- Des actifs sont-ils détenus dans plusieurs pays ?
C’est précisément à ce stade que droit, fiscalité et planification financière doivent souvent se rejoindre, sans nécessairement être traités par le même professionnel.
Quand un couple international devrait-il demander un conseil juridique spécialisé ?
Prenez la question particulièrement au sérieux si :
- vous avez des nationalités différentes ;
- vous vous êtes mariés dans un pays et vivez dans un autre ;
- vous possédez un bien immobilier à l’étranger ;
- l’un des époux possède une entreprise ;
- vous avez des enfants de relations précédentes ;
- il existe un fort déséquilibre de patrimoine ;
- vous avez un PACS français ou un autre partenariat enregistré antérieur ;
- l’un ou les deux époux s’attendent à recevoir un héritage important ;
- vous souhaitez un contrat de mariage ;
- vous voulez choisir la loi applicable ;
- vous avez besoin d’un testament transfrontalier.
Un bilan financier peut faire ressortir ces dépendances.
La structure juridique elle-même doit être rédigée ou confirmée par un avocat ou un notaire compétent.
Questions fréquentes
Le mariage rend-il tous nos biens communs en Allemagne ?
Non. Si le droit allemand s’applique et que vous êtes sous le régime légal de Zugewinngemeinschaft, chaque époux conserve en principe la propriété séparée de ses actifs. Les gains accumulés pendant le mariage peuvent devenir pertinents lorsque le régime prend fin.
Le mariage me rend-il responsable des dettes de mon conjoint ?
Pas automatiquement. Une responsabilité peut naître de contrats communs et, dans certaines circonstances, d’actes liés aux besoins appropriés de la famille selon le § 1357 BGB. Il faut examiner l’obligation précise.
Les couples mariés peuvent-ils conserver des noms différents en Allemagne ?
Oui. Lorsque le droit allemand du nom s’applique, les époux peuvent conserver leur nom existant.
Les deux époux peuvent-ils désormais porter un double nom marital ?
Oui. Depuis le 1er mai 2025, le droit allemand permet aux époux de choisir un véritable double Ehename composé des deux noms, lorsque le droit allemand du nom s’applique.
Les couples mariés doivent-ils obligatoirement faire une déclaration commune ?
Non. Les époux remplissant les conditions peuvent choisir entre imposition séparée et imposition commune selon les règles allemandes.
L’imposition commune permet-elle toujours de payer moins d’impôts ?
Non. La méthode du splitting peut être plus avantageuse lorsque les revenus imposables sont très différents, mais le résultat réel dépend de l’ensemble de la situation fiscale du couple.
Si nous nous marions en décembre, cela peut-il modifier l’imposition de cette année-là ?
Potentiellement oui. Si les conditions légales de l’imposition des époux sont remplies pendant l’année fiscale, il peut être possible de choisir l’imposition commune pour cette année. Cela ne garantit pas un remboursement d’un montant particulier.
Un PACS français donne-t-il exactement les mêmes droits qu’un mariage allemand ?
Non. Un PACS ne doit pas être considéré comme automatiquement équivalent au mariage pour toutes les questions allemandes de droit, fiscalité, retraite ou succession. Son effet doit être vérifié selon le sujet précis.
Mon conjoint hérite-t-il automatiquement de tout ?
Non. Les parts successorales légales dépendent de la structure familiale, du régime matrimonial, de l’existence d’un testament / contrat successoral et de la loi successorale applicable.
Les enfants deviennent-ils automatiquement cohéritiers même si un testament les exclut ?
Pas nécessairement. En droit allemand, un descendant exclu dispose généralement d’une créance monétaire de Pflichtteil correspondant à la moitié de la valeur de sa part légale. Ce n’est pas la même chose que devenir automatiquement propriétaire d’une partie de chaque bien.
Le mariage change le cadre, pas automatiquement chaque décision financière
Le mariage n’est pas simplement une décision d’optimisation fiscale ou de protection juridique.
Ses effets financiers sont plus larges.
Il peut modifier :
- le cadre juridique autour du patrimoine ;
- les choix d’imposition ;
- les droits à pension de réversion ;
- les droits successoraux ;
- les dépendances financières au sein du foyer.
Mais un couple international doit d’abord déterminer quelle loi s’applique, puis distinguer ce qui se produit automatiquement de ce qui nécessite un contrat, une option fiscale, une modification de bénéficiaire, un testament ou un conseil spécialisé.
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Sources officielles
Cet article a été vérifié à partir de sources actuelles, notamment :
- BGB § 1363 — Zugewinngemeinschaft légale et maintien de la propriété séparée des actifs des époux ;
- BGB § 1378 — créance de compensation lorsque le gain de l’un des époux dépasse celui de l’autre ;
- BGB §§ 1408 et 1410 — contrats de mariage et exigence de forme notariale ;
- BGB § 1357 — actes liés aux besoins appropriés de la famille pouvant engager les deux époux ;
- BGB § 1355 / réforme 2025 du droit du nom du BMJV — règles modernes sur les noms et véritable double nom marital depuis le 1er mai 2025 ;
- EStG §§ 26 et 26b / § 32a — imposition séparée ou commune des époux et méthode du splitting ;
- SGB VI § 46 / Deutsche Rentenversicherung — pension de veuve / veuf et règle d’un an de mariage ;
- BGB §§ 1931 et 1371 — droits successoraux légaux du conjoint et effet de la Zugewinngemeinschaft en cas de décès ;
- BGB § 2303 — créances de Pflichtteil ;
- ErbStG § 16 — abattement de 500 000 € pour les droits de succession / donation entre époux lorsque les conditions s’appliquent ;
- Your Europe / règlement européen sur les régimes matrimoniaux — loi applicable aux régimes matrimoniaux des couples internationaux ;
- Your Europe / règlement européen sur les successions — règle de la résidence habituelle et possibilité de choisir la loi de sa nationalité pour la succession.
Cet article fournit des informations générales. Le régime matrimonial, les successions, la reconnaissance d’un PACS, les testaments et les contrats de mariage nécessitent un conseil juridique lorsque l’application individuelle est importante ; le traitement fiscal individuel relève d’un professionnel habilité.