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Allemagne vs France : les vraies différences de protection sociale

Comparez les systèmes allemand et français : santé, retraite, chômage, dépendance, accidents du travail et coordination européenne des carrières.

Jade Boinot Mis à jour le
Des silhouettes en papier représentant une famille, protégées sous un toit en bois

La France et l’Allemagne disposent toutes les deux de systèmes de protection sociale étendus.

Mais les comparer comme si l’un offrait simplement « plus » et l’autre « moins » serait trompeur.

Les différences portent notamment sur :

  • la manière dont les cotisations sont prélevées ;
  • les risques couverts par une branche d’assurance distincte ;
  • l’organisation des soins ;
  • le rôle des couvertures complémentaires ;
  • le calcul des retraites ;
  • le financement du chômage ;
  • la prise en charge de la dépendance ;
  • l’assurance des accidents du travail.

Pour quelqu’un qui passe de la France à l’Allemagne, une autre question est encore plus importante :

De quel pays relevez-vous aujourd’hui en matière de sécurité sociale ?

Selon les règles européennes de coordination, vous relevez normalement de la législation d’un seul pays à la fois.

Avant de comparer les prestations, il faut donc d’abord déterminer à quel système vous appartenez réellement.

Les cinq grandes branches de l’assurance sociale légale en Allemagne

Pour un salarié classique, le système allemand repose sur cinq grandes branches :

  1. Krankenversicherung — assurance maladie ;
  2. Pflegeversicherung — assurance dépendance ;
  3. Rentenversicherung — assurance retraite ;
  4. Arbeitslosenversicherung — assurance chômage ;
  5. Unfallversicherung — assurance accidents du travail.

La plupart des cotisations sont liées au revenu professionnel, dans la limite de plafonds légaux.

Les quatre premières sont généralement financées par des cotisations impliquant salarié et employeur, même si la répartition exacte peut varier.

L’Unfallversicherung fonctionne différemment : pour les salariés, elle est financée par l’employeur.

1. Assurance maladie : deux structures différentes en Allemagne et en France

Allemagne

L’assurance maladie est obligatoire.

Les deux grands systèmes sont :

  • Gesetzliche Krankenversicherung (GKV) — assurance maladie légale ;
  • Private Krankenversicherung (PKV) — assurance maladie privée pour les personnes qui remplissent les conditions d’accès.

Pour 2026, le taux général de cotisation GKV est de :

14,6 %

auquel s’ajoute un Zusatzbeitrag propre à chaque Krankenkasse.

Le Zusatzbeitrag moyen officiel pour 2026 est de 2,9 %.

Pour les salariés, la cotisation et le Zusatzbeitrag sont généralement partagés entre employeur et salarié selon les règles légales.

Le plafond de calcul des cotisations maladie en 2026 est de :

69 750 € par an / 5 812,50 € par mois.

Le montant réel dépend de votre statut d’assurance, de votre revenu et du Zusatzbeitrag de votre Krankenkasse.

Assurance maladie privée ou légale en Allemagne

France

Un salarié classique en France est affilié au régime général de sécurité sociale pour les soins.

La Protection universelle maladie (PUMa) permet aussi la prise en charge des frais de santé des personnes qui travaillent ou résident en France de manière stable et régulière, selon ses conditions.

Pour les salariés du secteur privé, l’employeur doit généralement proposer une complémentaire santé collective — mutuelle d’entreprise.

L’employeur doit financer au moins 50 % du coût de la couverture collective minimale obligatoire.

C’est l’une des différences de structure qui créent souvent de la confusion lorsqu’on s’installe en Allemagne.

En France, un salarié peut avoir l’habitude de penser sa santé en deux couches :

  1. Assurance Maladie ;
  2. complémentaire santé proposée par l’employeur.

En Allemagne, la GKV fonctionne selon un autre cadre légal de prestations, et une assurance privée complémentaire reste optionnelle : elle n’est pas l’équivalent automatique de la mutuelle d’entreprise française.

Le système français est-il « meilleur » ?

Ce n’est pas une conclusion utile en général.

Une couverture complémentaire en Allemagne ne doit pas être considérée comme obligatoire pour « atteindre le niveau français ».

La protection réelle dépend :

  • de votre statut GKV / PKV en Allemagne ;
  • de la Krankenkasse ou du tarif PKV concret ;
  • du régime obligatoire français ;
  • de la mutuelle d’entreprise française ;
  • du traitement concerné ;
  • des règles de remboursement ;
  • des exclusions et garanties complémentaires.

Comparez une situation allemande réelle avec une situation française réelle, plutôt que des étiquettes nationales.

2. Dépendance : l’Allemagne dispose d’une branche d’assurance obligatoire distincte

Allemagne

L’Allemagne dispose d’une Pflegeversicherung obligatoire dédiée à la dépendance.

Pour 2026, le taux standard est de :

3,6 %

avec un taux de 4,2 % pour les assurés sans enfant soumis à la majoration correspondante.

Des réductions supplémentaires peuvent s’appliquer aux parents de plusieurs enfants selon les règles en vigueur.

Le même plafond 2026 que pour l’assurance maladie s’applique :

69 750 € par an / 5 812,50 € par mois.

La Pflegeversicherung peut participer au financement de prestations de dépendance à domicile ou en établissement selon le niveau de dépendance reconnu et la prestation concernée.

Elle ne couvre pas nécessairement l’intégralité du coût de la dépendance.

France

La France n’a pas l’équivalent exact d’une Pflegeversicherung constituant une branche séparée de l’assurance sociale des salariés.

Pour les personnes âgées en perte d’autonomie, l’un des principaux dispositifs est l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA).

L’APA peut contribuer au financement :

  • de l’aide nécessaire pour rester à domicile ; ou
  • de la partie dépendance dans certains établissements.

L’éligibilité dépend notamment :

  • de l’âge ;
  • de la résidence ;
  • du degré de perte d’autonomie.

Une participation financière peut rester à la charge du bénéficiaire selon ses revenus et le plan d’aide.

Dire « l’Allemagne a la Pflegeversicherung, la France a l’APA » ne constitue donc pas une comparaison terme à terme.

Ce sont des éléments de deux systèmes organisés différemment.

3. Retraite : la plus grosse erreur est de comparer uniquement des taux de remplacement

Les systèmes de retraite allemand et français ne se comparent pas correctement avec un simple pourcentage du dernier salaire.

Les droits sont calculés différemment.

Allemagne : un système de points

Le régime légal allemand fonctionne autour des Entgeltpunkte — points de retraite.

Très schématiquement, les points acquis sur une année dépendent de votre revenu assuré par rapport au revenu moyen de référence.

La retraite est ensuite calculée à partir des points cumulés et de la formule légale.

Pour 2026, le taux général de cotisation au régime légal reste de :

18,6 %

pour un salarié classique, généralement réparti ainsi :

  • 9,3 % salarié ;
  • 9,3 % employeur.

Le plafond de calcul des cotisations retraite en 2026 est de :

8 450 € par mois / 101 400 € par an.

Le régime légal peut également couvrir d’autres risques et droits, notamment certaines pensions d’invalidité et de survivants.

France : retraite de base + retraite complémentaire obligatoire

Pour un salarié classique du secteur privé, la retraite française comporte au moins deux grandes couches obligatoires :

Retraite de base

Le régime général français utilise notamment :

  • les trimestres validés ;
  • le taux de pension applicable ;
  • un revenu annuel de référence calculé selon les règles de carrière concernées.

Dans le régime général, le calcul du revenu de référence repose traditionnellement sur les 25 meilleures années, avec des règles et réformes pouvant varier selon la situation de l’assuré.

Retraite complémentaire Agirc-Arrco

Les salariés du privé acquièrent aussi des droits obligatoires Agirc-Arrco fonctionnant par points.

Une comparaison qui mettrait uniquement face à face « retraite de base française » et « retraite légale allemande » serait donc incomplète.

La retraite française inclut à la fois une retraite de base et une retraite complémentaire obligatoire.

Quel pays verse la meilleure retraite ?

On ne peut pas répondre à cette question à partir de la seule nationalité.

Le résultat dépend :

  • de l’historique de salaire ;
  • du nombre d’années assurées ;
  • des plafonds de cotisation ;
  • des périodes hors emploi ;
  • de l’âge de départ ;
  • des règles propres à chaque pays ;
  • des retraites d’entreprise ;
  • de l’épargne retraite privée.

Une personne ayant travaillé dix ans en France puis vingt ans en Allemagne ne doit pas non plus raisonner comme si l’un des deux parcours remplaçait l’autre.

C’est là que la coordination européenne devient importante.

Planifier sa retraite en Allemagne

4. Que deviennent les années françaises et allemandes quand vous changez de pays ?

Elles ne sont normalement pas transférées dans un compte de retraite européen unique.

Dans le cadre de la coordination européenne :

  • les anciennes périodes d’assurance peuvent être prises en compte lorsque cela est nécessaire pour ouvrir les droits ;
  • votre historique reste conservé dans chaque pays ;
  • chaque pays calcule normalement sa propre retraite selon sa législation ;
  • vous pouvez donc recevoir des pensions distinctes de plusieurs pays.

La Commission européenne explique qu’en règle générale, chaque pays dans lequel vous avez été assuré pendant au moins un an peut verser sa propre pension vieillesse lorsque vous atteignez l’âge de retraite de ce pays, sous réserve des règles de coordination détaillées.

Autrement dit :

Les trimestres français ne deviennent pas des Entgeltpunkte allemands, et les points allemands ne deviennent pas des trimestres français.

Les systèmes coordonnent les droits sans fusionner.

5. Assurance chômage

Allemagne

Pour 2026, le taux de cotisation légal à l’assurance chômage est de :

2,6 %

pour un emploi normalement assuré, généralement réparti ainsi :

  • 1,3 % salarié ;
  • 1,3 % employeur.

Pour calculer l’Arbeitslosengeld, la Bundesagentur für Arbeit détermine un revenu net standardisé à partir des revenus assurés antérieurs.

Le taux normal de prestation est globalement de :

  • 60 % du Leistungsentgelt calculé ;
  • 67 % lorsque la condition liée à la présence d’un enfant est remplie.

L’éligibilité et la durée dépendent de l’historique d’assurance et de la situation de la personne.

France

Pour les salariés classiques du secteur privé, la structure de financement est différente.

La cotisation salariale générale d’assurance chômage a été supprimée à partir de 2019.

En 2026, le taux patronal ordinaire est de :

4,0 % de l’assiette de salaire concernée, selon les règles de l’assurance chômage.

Une part de la CSG participe également au financement du système d’assurance chômage.

Cela ne signifie pas qu’un salarié français « ne contribue en rien au chômage » au sens économique large.

Cela signifie que le mécanisme formel de financement est structuré différemment.

Peut-on comparer l’ARE française et l’Arbeitslosengeld allemand avec un seul pourcentage ?

Pas sérieusement.

Les deux systèmes utilisent des règles différentes concernant :

  • les durées minimales d’affiliation ;
  • les salaires de référence ;
  • les formules de calcul ;
  • la durée d’indemnisation ;
  • les plafonds ;
  • les règles familiales ;
  • la reprise d’emploi.

Si la protection chômage est un critère important dans un déménagement, faites le calcul avec les règles actuelles et votre propre historique plutôt qu’avec un pourcentage générique France / Allemagne.

6. Accidents du travail et maladies professionnelles

Allemagne

L’Allemagne dispose d’un système légal d’assurance accidents géré par les Berufsgenossenschaften et les Unfallkassen.

Pour les salariés :

  • la couverture est légale ;
  • l’employeur finance l’intégralité de la cotisation ;
  • les accidents du travail peuvent être couverts ;
  • certains accidents de trajet (Wegeunfälle) peuvent être couverts ;
  • les maladies professionnelles reconnues peuvent être couvertes ;
  • les prestations peuvent inclure réadaptation médicale et professionnelle et, selon les cas, des prestations financières.

La cotisation payée par l’employeur dépend notamment du secteur et du niveau de risque.

Le salarié ne voit généralement pas de retenue d’assurance accidents légale sur son bulletin de paie.

France

Les salariés français sont également couverts pour les accidents du travail / maladies professionnelles (AT/MP) répondant aux conditions.

L’employeur finance la cotisation correspondante.

Il n’existe pas un taux salarié unique : la cotisation patronale AT/MP peut varier selon :

  • l’activité de l’entreprise ;
  • sa taille ;
  • le risque / la sinistralité.

Les deux pays couvrent donc les accidents du travail, mais avec des structures institutionnelles et de calcul différentes.

7. Revenus pendant un arrêt maladie : évitez les comparaisons avec un simple pourcentage

Les revenus en cas de maladie ne se classent pas sérieusement avec une règle générale du type « la France paie davantage ».

En Allemagne, plusieurs mécanismes peuvent se combiner, notamment :

  • le maintien légal de la rémunération par l’employeur lorsqu’il s’applique ;
  • le Krankengeld versé par l’assurance maladie légale lorsque les conditions sont remplies ;
  • des assurances privées selon le statut.

En France, plusieurs mécanismes peuvent également se cumuler :

  • les indemnités journalières légales ;
  • le maintien de salaire par l’employeur ;
  • les conventions collectives ;
  • la prévoyance d’entreprise ou complémentaire.

Deux salariés ayant le même salaire peuvent donc avoir des résultats très différents selon :

  • leur ancienneté ;
  • leur contrat de travail ;
  • leur convention collective ;
  • leur statut d’assurance ;
  • la durée de l’arrêt.

Dire simplement « la France paie davantage » laisse de côté trop de variables.

8. La protection en cas de décès ou pour les survivants ne se classe pas non plus en une phrase

On ne peut pas affirmer qu’un pays offre toujours une protection décès / survivants plus complète que l’autre.

Les deux systèmes prévoient des droits légaux, mais le résultat peut dépendre :

  • du statut marital ;
  • des enfants ;
  • de l’historique de retraite ;
  • de l’âge ;
  • des revenus ;
  • des conditions d’éligibilité ;
  • des régimes professionnels ;
  • des assurances privées.

Si vous avez des personnes à charge, analysez le manque financier réel plutôt que de supposer que le système national suffira.

Assurance maladie, protection du revenu et assurance décès en Allemagne

9. Passer de la France à l’Allemagne : quel système de sécurité sociale s’applique ?

C’est plus important que les taux de cotisation affichés.

Selon la coordination européenne, vous relevez normalement de la législation de sécurité sociale d’un seul pays à la fois.

Le principe général, pour un salarié ou indépendant, est celui du pays dans lequel l’activité est physiquement exercée.

Mais il existe des exceptions importantes.

Emploi classique en Allemagne

Si vous vous installez en Allemagne et y travaillez normalement pour un employeur allemand ou étranger dans une situation relevant de la législation allemande, vous êtes généralement intégré au système allemand.

Votre nationalité ne vous permet pas de choisir le système français à la place simplement parce que vous préférez ses prestations.

Détachement temporaire

Un salarié officiellement détaché de France vers l’Allemagne peut, sous les conditions prévues par les règles européennes, continuer temporairement à relever du système français.

La couverture applicable est généralement attestée par un PD A1.

Il s’agit d’un statut juridique avec des conditions précises.

Ce n’est pas simplement le choix de « garder la sécurité sociale française quelques temps ».

Travailler en France et en Allemagne

Les travailleurs exerçant dans plusieurs États relèvent de règles spécifiques.

La réponse peut dépendre :

  • du pays de résidence ;
  • de la part d’activité exercée dans chaque pays ;
  • du statut salarié ou indépendant ;
  • du nombre d’employeurs.

Les organismes compétents déterminent la législation applicable.

Ne cotisez pas volontairement dans les deux régimes standards simplement parce que vous travaillez de part et d’autre de la frontière sans avoir vérifié les règles de coordination.

Travailleurs frontaliers

Si vous vivez dans un pays et y retournez normalement chaque jour ou au moins une fois par semaine tout en travaillant dans un autre, les règles européennes vous considèrent comme travailleur frontalier pour les sujets concernés.

Des règles particulières peuvent s’appliquer, notamment pour :

  • les soins de santé ;
  • le chômage.

Un résident français qui se rend travailler en Allemagne n’a donc pas la même situation qu’une personne qui transfère à la fois sa résidence et son emploi en Allemagne.

10. Droits de santé lorsque deux pays sont impliqués

Selon votre situation transfrontalière, certains documents européens permettent de coordonner les droits.

Par exemple :

  • EHIC / CEAM pour les soins médicalement nécessaires pendant des séjours temporaires, selon les règles applicables ;
  • S1 pour l’inscription dans certaines situations transfrontalières ;
  • A1 pour déterminer la législation de sécurité sociale applicable dans certaines situations professionnelles.

Ces documents ne répondent pas au même besoin.

Une EHIC ne prouve pas que la France reste votre pays normal de sécurité sociale après une installation permanente et un emploi en Allemagne.

11. Faut-il gagner 25 % de plus pour passer de la France à l’Allemagne ?

Aucun pourcentage universel n’est défendable.

Il n’existe pas de règle sérieuse selon laquelle un départ de France vers l’Allemagne nécessiterait 25 % de salaire brut supplémentaire.

Une comparaison correcte des rémunérations doit intégrer bien davantage que le brut :

  • les cotisations salariales ;
  • les avantages financés par l’employeur ;
  • l’impôt sur le revenu ;
  • le statut d’assurance maladie ;
  • la mutuelle d’entreprise française ;
  • la GKV ou PKV allemande ;
  • la retraite d’entreprise ;
  • les primes ;
  • les congés payés ;
  • le temps de travail ;
  • la garde d’enfants ;
  • la voiture de fonction / mobilité ;
  • le coût du logement ;
  • la ville ;
  • la situation familiale.

Un salaire brut de 70 000 € à Lyon et de 87 500 € à Munich ne deviennent pas économiquement équivalents simplement parce que le second est supérieur de 25 %.

12. Une meilleure méthode pour comparer une offre française et allemande

Faites une comparaison annuelle complète.

Rémunération brute

  • salaire fixe ;
  • bonus ;
  • commissions ;
  • actions ;
  • indemnités.

Prélèvements obligatoires

Estimez les cotisations sociales et l’impôt correspondant à la situation du foyer.

Santé

France : - assurance maladie légale ; - mutuelle d’entreprise et part salariale.

Allemagne : - statut GKV / PKV ; - cotisation salariale ; - cotisation dépendance ; - conséquences de la Familienversicherung.

Retraite

  • retraite de base française ;
  • Agirc-Arrco ;
  • retraite légale allemande ;
  • retraite d’entreprise ;
  • droits retraite internationaux existants.

Protection des risques

  • revenus pendant la maladie ;
  • protection incapacité / invalidité ;
  • protection décès / survivants ;
  • accidents du travail.

Famille

  • garde d’enfants ;
  • prestations familiales ;
  • organisation du congé parental ;
  • couverture santé du conjoint / des enfants.

Coût de la vie

  • logement ;
  • transport ;
  • garde d’enfants ;
  • assurances ;
  • dépenses courantes.

Ensuite seulement, comparez la situation financière nette.

Allemagne vs France — résumé pratique

SujetAllemagneFrance
SantéGKV ou PKV selon le statutAssurance Maladie / cadre PUMa
Complémentaire santé employeurPas d’équivalent universel à la mutuelle françaiseL’employeur privé propose généralement une couverture collective et finance au moins 50 %
DépendancePflegeversicherung obligatoire dédiéeAPA et autres dispositifs plutôt qu’une branche d’assurance identique
Retraite légaleSystème de pointsRetraite de base par trimestres / revenu de référence + Agirc-Arrco obligatoire pour les salariés du privé
Financement du chômageCotisation légale 2,6 % en 2026, normalement partagée salarié / employeurCotisation salariale générale supprimée ; cotisation employeur 4 % en 2026 + financement par la CSG
Accidents du travailAssurance légale dédiée, financée par l’employeurStructure AT/MP financée par l’employeur
Périodes transfrontalières UECoordonnées, pas fusionnéesCoordonnées, pas fusionnées
Système applicable après déménagementDéterminé par les règles UE / nationalesDéterminé par les règles UE / nationales

Ce tableau sert à s’orienter, pas à calculer une paie.

Questions fréquentes

Si je quitte la France pour travailler en Allemagne, puis-je garder la sécurité sociale française ?

Pas par simple choix. La coordination européenne détermine la législation applicable. Un emploi normalement exercé en Allemagne fait souvent relever du système allemand, tandis qu’un détachement officiel ou d’autres situations transfrontalières peuvent être traités différemment.

Est-ce que je perds mes trimestres acquis en France ?

Non. Les périodes pertinentes peuvent être prises en compte dans le cadre européen pour l’ouverture des droits. La France et l’Allemagne calculent et versent normalement chacune leur propre pension plutôt que de tout transférer dans un seul compte.

L’assurance maladie allemande coûte-t-elle plus cher que les soins en France ?

Il n’existe pas de comparaison unique valable. GKV / PKV allemande, Assurance Maladie française, mutuelle d’entreprise, revenu, composition du foyer et prestations influencent le coût et la protection réels.

La mutuelle française est-elle l’équivalent de la PKV allemande ?

Non. Une mutuelle d’entreprise française complète le régime obligatoire français. Pour les personnes éligibles, la PKV allemande peut remplacer la GKV, et pas simplement venir en complément.

L’Allemagne a-t-elle une assurance dépendance ?

Oui. La Pflegeversicherung constitue une branche obligatoire distincte de l’assurance sociale allemande.

La France a-t-elle exactement le même système ?

Non. La France finance la perte d’autonomie par une organisation différente, notamment l’APA pour les personnes âgées qui remplissent les conditions.

L’Arbeitslosengeld allemand correspond-il toujours à 60 % de mon dernier salaire net ?

Pas exactement. La Bundesagentur applique un calcul légal à partir des revenus assurés antérieurs et d’un net standardisé. Le taux standard correspond à 60 % du Leistungsentgelt ainsi calculé, ou 67 % lorsque la condition liée à l’enfant est remplie.

Dois-je négocier 25 % de plus en partant travailler en Allemagne ?

Il n’existe pas de règle universelle de 25 %. Comparez l’ensemble de la rémunération nette, les avantages, les assurances, la retraite et le coût de la vie.

Déterminez d’abord le système applicable avant de classer les pays

La France et l’Allemagne offrent toutes deux une protection sociale large.

Il n’est pas nécessaire de décréter que l’un des systèmes est globalement « meilleur » ou « moins bon ».

Pour quelqu’un qui passe de l’un à l’autre, l’ordre utile est :

  1. déterminer quelle législation s’applique ;
  2. comprendre ce que couvre ce système ;
  3. conserver les justificatifs des droits acquis dans l’autre pays ;
  4. identifier les éventuels trous de protection créés par le déménagement ;
  5. comparer les offres d’emploi sur la rémunération totale plutôt que sur le seul brut.

Vous obtiendrez une réponse bien plus utile qu’avec un classement par pays.

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Sources officielles

Cet article a été revu à partir de sources actuelles, notamment :

  • Commission européenne — coordination de la sécurité sociale dans l’UE : principes d’unicité de législation, égalité de traitement, totalisation et exportabilité ;
  • Commission européenne — législation applicable : principe général selon lequel salariés et indépendants relèvent du pays où ils travaillent, avec catégories transfrontalières particulières ;
  • Commission européenne — retraites : conservation des historiques nationaux et versements de retraites nationales distinctes ;
  • Bundesministerium für Gesundheit : taux GKV 2026, Zusatzbeitrag moyen et plafond de cotisation ;
  • Deutsche Rentenversicherung : taux 2026 allemands de retraite, chômage et dépendance ainsi que plafonds sociaux ;
  • Bundesagentur für Arbeit : calcul de l’Arbeitslosengeld et taux standard de 60 % / 67 % ;
  • DGUV : assurance accidents légale allemande financée par l’employeur, couvrant notamment accidents du travail / trajet et maladies professionnelles ;
  • ameli.fr : affiliation des salariés français à l’assurance maladie / sécurité sociale et PUMa ;
  • Urssaf : complémentaire santé collective obligatoire du secteur privé et financement patronal minimum de 50 % ; cadre de calcul des cotisations sociales ;
  • Assurance retraite : cadre français de revenu de référence et de périodes d’assurance ;
  • Agirc-Arrco : points de retraite complémentaire des salariés du privé ;
  • Unédic : financement de l’assurance chômage en 2026, cotisation patronale standard de 4 % et suppression de la cotisation salariale générale ;
  • Service-Public.fr : APA et aides françaises à la perte d’autonomie.

La situation transfrontalière en matière de sécurité sociale peut dépendre de l’emploi, de la résidence, du détachement et du travail dans plusieurs États. Les organismes compétents déterminent la législation applicable à chaque cas.

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